Cette année encore, le Comité de Cercle a décidé de réaliser une vidéo grâce au talent des nouveaux PIC et au jeu d’acteur de nos délégués pour vous présenter les différentes activités organisées par le Cercle.

Des origines, il ne reste que peu de trace. Fondé en 1891, il suit la création du CP en 1884 et du CdS en 1890. Dans les quelques documents (places de bal, affiches,…) issus de ces temps héroïques que l’on retrouve aux Archives de l’ULB, le mention CM laisse souvent la place au terme « Association des Etudiants en Médecine ». Ensuite dans les années 20 et 30, on parle du Cercle de Médecine et Pharmacie. L’identité du plus ancien président qui soit arrivé jusque nous est G. Dufour pour l’année 1895. L’année suivante, on apprend que l’Association des Etudiants en Médecine possède un local situé à « la nouvelle cour de Bruxelles (Place Fontainas) » où est organisé un Bal de rentré.

La revue la plus ancienne du cercle que j’ai pu trouver se nomme le mensuel « Revue de Médecine et Pharmacie, bulletin officiel du Cercle de Médecine et de Pharmacie de l’ULB » datant de 1921. Il s’agit déjà de la 5ème année de ce journal d’après la couverture. Détail amusant, il est précisé que la faculté de médecine a donné son approbation à sa publication ! Cela s’explique sans doute par le faite qu’il s’agit d’une revue sérieuse contenant principalement des articles à caractère scientifique écrits par des professeurs, ce qui sera les cas de toutes les revues écrites dans l’entre 2 guerres. Le secrétariat de la rédaction est situé au Palais d’Egmont à Bruxelles. On y apprend également que le cercle possède une bibliothèque et une salle de lecture où sont disponibles diverses revues dont une nommée « Fumées (organe du Mt estudiantin pour le CM) ». La convocation pour l’AG du cercle au 22 février 1922 fait mention d’un projet de voyage de Pâques au Grand-duché du Luxembourg. Notons au passage qu’en 1938 le CM se rendit à Utrecht afin de rendre visite aux étudiants néerlandais venus l’année précédente. Au programme :   visite d’hôpital, de labo, cours et surtout guindaille !!!

Ensuite dans les années 30, vient l’Universitaire Médical dans lequel on peut lire en 1937 les statuts du cercle datant du 12 mars 1924. On y apprend que le comité administrant le cercle se compose d’un président, 2 vice-présidents, 1 secrétaire, 1 trésorier, 1 déléguée des étudiantes ( !), 5 délégués ( 1 par année). S’y ajoutent les anciens présidents et le directeur du Service Editions (ayant statut de VP !) ainsi que l’Administrateur Général de l’UM. Le service Edition chargé de l’édition des cours échappe au contrôle du président et possède une caisse indépendante de celle du cercle mais il est responsable de celle-ci devant le cercle. L’UM est également un service fonctionnant de manière indépendante vis-à-vis du CM. Il a aussi sa caisse propre dont le directeur est responsable devant le cercle. Le cercle doit approuver les articles avant publication.

Vers 1934-35, le CM publie un journal: « le Cehem » auquel succéda à nouveau l’UM (qui était toujours dirigé par un comité plus ou moins indépendant du CM). En janvier 1936 on retrouve dans la liste du comité au poste de Vice-président  et Directeur du Service d’Edition un certain G. Van Keerbergen qui est également présenté comme le « Fondateur de l’UM ».

L’indépendance relative du journal vis-à-vis du cercle sembla avoir été la source de discordes acharnées (rapportées dans l’UM de janvier 1936) entre le Comité du CM et les responsables de l’UM. Les controverses portaient notamment sur son contenu : scientifique pour les rédacteurs de l’UM, Albert De Loz (Directeur) et G. Fisher (Secrétaire de l’UM), « amusant, estudiantin, humoristique » pour le président du CM Louis Leborgne. Les responsables de l’UM accusant notamment les Macchabées (dont faisaient apparemment partie plusieurs membres du comité de cercle) de saboter celui-ci avec l’aide de l’imprimeur qui est qualifié de « président d’honneur du Club Secret ». Ce conflit alla, nous apprend l’UM de février 1936, jusqu’à la démission du comité du CM à l’AG du le 28 janvier 1937. La majorité des membres de l’AG approuvant l’action des responsables de l’UM que contestait le comité. On proposa de voter entre le maintien du comité ou celui de l’équipe de l’UM. Le comité refusa et démissionna en bloc.

Dès le début le cercle s’occupait également de la vie académique de ses membres et de la représentation de ceux-ci auprès des autorités universitaires (il n’y avait pas de Bureau Etudiant à l’époque). Ainsi, il veillait à l’édition des cours enseignés à la faculté. Le Cercle invitait régulièrement à sa tribune des personnalités du monde scientifique qui venaient entretenir ses membres des problèmes les plus divers de l’actualité médicale. Entre 1957 et 1982, il organisa à 6 reprises un Festival International du Film Médical au cours duquel étaient projetés pendant une semaine les films les plus récents dans le domaine médical. Ce festival très sérieux et placé sous le patronage de la reine Elisabeth et de divers ministres accueillait de nombreuses participations étrangères : USA, URSS, France, Allemagne, Belgique… Gros succès relayé par la presse, il nécessita jusqu’à l’engagement à plein temps de 2 secrétaires.

Dans les années trente si le cercle se déclarait apolitique, il veillait à ce que ses membres ne fassent partie d’aucun parti rexiste ou fascisant. N’hésitant pas à «faire le coup de poing» contre des groupuscules d’extrême droite. Il participa comme d’autres cercles facultaires pendant l’occupation nazie, à la confection de cours clandestins pour les étudiants en cours d’études.

             Coté guindaille et festivité, il est fait dès le début référence à des bals annuels dont l’animation était assurée à l’époque par un orchestre. C’était encore le cas au moins pour une partie de la soirée jusqu’en 2000. Le bal était aussi l’occasion d’inviter les stars de l’époque à se produire en début de soirée : Marie Laforêt (1972), Thoots Thielemans, Guy Béart (1974), Nicolletta (1977), Claude Nougaro… Le « 80 chasseurs » terminant le bal, on déplorait régulièrement la destruction de nombreuses chaises… En 1937 est annoncé dans l’UM la tenue le 27 novembre du « premier Thé Dansant organisé par le CM ». Il se déroula à la Maison des Etudiant de 17h à 22h ! Autre temps, autres mœurs…

En 1949, on apprend, toujours dans l’UM, qu’après un accueil mi-octobre (date de la rentrée à l’époque), on baptisa en novembre presque une centaine de bleus. Le cercle baptisait déjà les filles mais leur baptême se déroulait un autre jour que celui des garçons ! Après la St-V, avait lieu la remise des diplômes de baptême. Dans les années 50 il en va de même : un accueil-parrainage puis le baptême avec une centaine de bleus.

Dans les années 60, le nombre de bleus passe au dessus de 100. En 1961, on trouve le récit d’ « activités guindailleuses » avec le droit et solvay. Celles-ci comprenaient notamment une course de chaises à porteurs, la chaise du CM étant un cercueil… On y mentionne des toges rouges pour les comitards CM et non noir à bande rouge. Il est vrai que la toge CM du Manneken Pis (offerte le 29 janvier 1975) est entièrement rouge. Le baptême fut précédé de déambulations dans les rues des bleus déguisés en momies. Le thème du baptême était « Les Combats à travers les ages », pièces en 10 tableaux dont « Combats des chrétiens aux arènes », « Combats du mur de Jérusalem qui ne résista qu’un éphémère instant à l’assaut des poils », « Le combats de Goedentrip », et « La bombe atomique, gag des para-couille)mandos ». Tout un programme… En 1965-66 le diplôme fut l’occasion d’un canular: faux rapt du Roi des Bleus à la garde d’Ixelles où il a été admis sous un prétexte fallacieux (chute dans les toilettes). Participait à ce canular Renaud Bauwens (actuel prof de physio 2ème candi) et Jacques De Toeuf (actuel président de l’Absym) entre autre. Résultat : les flics débarquèrent et arrêtèrent 2 poils arrivés en retard ce qui leur permet de remonter jusqu’au auteurs du méfait. Descente de police au Coin Perdu (lieu de réunion du cercle), fouille, on montre son cul aux Pandores, et on fini presque au poste sans l’intervention d’un magistrat qui guindaillait par là…

La tradition de la revue existe depuis fort longtemps et précéda même l’existence du cercle, en voici quelques titres dont certains sont des poèmes à eux seul :

  • 1890 : revue de la candi en médecine  à la salle de l’Union : « Foedi-proie ou le Mâle Sans Gland »
  • 1891 : idem « Candide = Arthur ou les Mésaventures d’un copépode »
  • 1892 : idem « Chocolat, revue d’amphithéâtre en 3 actes »
  • 1893 : revue au théâtre du Nord : « Les amours d’un gonocoque et d’une once de sel anglais, Idylle dramatico-medico-estudiantine en un prodrome, 2 stades et une terminaison apothéotique par quelques futurs célébrités du monde littéraire et médical belge. »
  • 1922 : au théâtre Flamand : « Fais voir tes os verts ou Kismet à poil et Pie XI, grande éjaculation estudiantine, antiseptique, laxative et excito-sécrétoire en 3 spasmes voluptueux »
  • 1936 : « Mes 2 seins en folies »
  • 1950 : « La revue de l’Anus Sanctus ou les Folies Culines»
  • 1958, 1965 et 1972 : ?
  • 1979 : « Une faculté sans prix ou nos folles années »
  • 1984 : Revue des revues : Best of de 1950-58-65-72-79
  • 1995 : « 1492, l’Odyssée »
  • 2000 « Med Wars »

Un enregistrement de 2 disques, sous la direction d’Alex Scorier (qui anima plusieurs bal avec son orchestre), reprenant les meilleurs chansons des Revues de Médecine de 1965, 1972, 1979 fut réalisé.

Le cercle mis un point d’honneur à participer assidûment au Festival de la Chanson Estudiantine, rappelons que la seule personne à porter le titre de triple barde d’honneur, Paul Hanson, était un carabin notoire ! Le cercle remporta le premier prix en 2000 avec « le Visa » chanson sur le numerus clausus interprétée par Nadia Cermak et Martin Caillet et en 2005 avec « Jefke » sur l’air de « Moskau » interprétée par Sacha , Christophe, Céline, Françoise et Pia.

Quand au local du cercle il fut longtemps situé dans un café de la porte de Hal nommé le « Coin Perdu », avant d’aller occuper en 1963 un immeuble de la rue du Trône, puis de s’installer dans la Maison facultaire qu’il venait de créer au 162 de la rue aux Laines. Celle-ci pouvait loger 15 étudiants et comprenait aussi 2 grandes places servant de salle de conférences et de réunions. Il s’agit d’une location à un particulier via une Compagnie d’assurance « La Médicales ». Cette dernière mettant à disposition du CM les locaux. Une partie des frais est payé par de la publicité. Le cercle occupera un puis 2 étages de ce bâtiment. En 1991, la faculté déménagea à Erasme et les premiers travaux de la grange du 6 rue Meylemeersch démarrèrent. Pendant presque 15 ans le CM y organisa guindaille et TD à l’ambiance de feu ! Si bien que celui-ci s’y déclara vraiment par un triste soir de février 2001 au cours d’un TD du BEM. (Rem. : Le président du BEM de l’époque – Alain Maamari pour ne pas le citer…- y gagna son surnom de Backdraft…). Le feu prit à cause du système électrique de la cuisine et se solda par la désaffectation de la moitié gauche du cercle et des étages. Il tient vaillamment jusqu’en 2005 où le CM se vit attribuer un chapiteau en attendant la destruction (arg…) du 6 rue Meylemeersch et la construction d’une Maison des Etudiant (qui vivra verra…).

Sources :

  • documents divers (UM, affiches, etc…) conservés au Service des Archives de l’ULB.
  • Uyttebrouck et A. Despy-Meyer, Les 150 ans de l’ULB, (Editions de l’Université de Bruxelles, Bruxelles, 1984)

Merci à Pierre « Matrix » Jossart pour cet article.