Le Baptême

Très cher lecteur, Ecolier Désespérément Dépressif, collègue étudiant, bonjour,

Je vais tâcher de ne pas être redondant, mais pour ne rien vous cacher, je n’ai pas eu le temps et surtout pas l’envie de demander aux autres délégués comment ils comptaient remplir cet Organe, et de ce fait, nous risquons fort de nous répéter les uns les autres.

Mais retenez bien que toute parole du PdB (président de baptême pour les nouveaux, les anciens ayant déjà pensé dans leur tête : «Classe le mec!») fait office d’écrit divin, ne me remerciez pas, c’est avec un plaisir non contenu que je me fais une joie de partager mon savoir avec vos charmantes têtes blondes (mais n’hésitez pas à me faire savoir ô combien vous m’admirez, ce qui est tout à fait normal, et cela m’aidera à assumer la lourde mission qui m’a été confiée...).

Commençons par le début, bienvenue à tous dans notre chère Alma Mater (cherchez bien dans l’Organe, mais ce mot devrait s’y retrouver 12+1 fois, il y est fort à la mode et sonne assez bien... Essayez un peu pour voir).
J’ose espérer que mon cher homologue, j’ai nommé le président de cercle bien entendu, vous a bien introduit toutes les notions de base à acquérir pour mener une vie agréable et épanouissante sur cette nouvelle université dont vos pieds délicats viennent de fouler le sol en cette belle et ensoleillée première journée (on peut être optimiste, mais je n'espère pas qu’on ait un gouvernement d’ici là, faut quand même pas déconner).

Cet homme (surhomme serait mieux employé), pas très grand mais plein d’énergie, est bien le seul étudiant qui peut se vanter d’être traité d’égal à égal avec mon humble personne (et encore, tant qu’il reste poli avec moi). Le cercle est un organisme assez complexe bien compliqué à diriger, mais je ne compte pas vous en parler ici, ou pas directement.

Vous l’aurez compris, je compte plutôt aborder ici le sujet épineux du baptême (bien que le cercle y soit franchement lié, mais n’anticipons pas, ceci est une autre histoire). D’après le bouche-à-oreille (les écrits restent mais les paroles, elles, peuvent être adaptées) les premiers baptêmes commencèrent vers 1892, il y a tout juste 121 ans (date de création du redoutab’ cercle de médecine.

A l’époque, tout n’était que joie et bonne humeur, les oiseaux et les étudiants chantaient et connaissaient leur chants (si si je vous le jure), la Maes n’existait pas et les kinés n’étaient pas reconnus, bref un monde parfait!

A ce stade, tu te demandes où je veux en venir. Les questions te brûlent certainement les lèvres, toi, nouvel arrivant, novice dans ce monde inconnu, et tu n’oses pas les poser, peureux de la réaction des aînés à tant d’ignorance. Tu as tort, petit dindonneau, toute question mérite d’être posée. Cette dernière, tu ne sais trop comment la formuler, mais en gros tu aimerais savoir en quoi consiste ce baptême, ce bizutage comme l’appellent nos provinciaux de français.

Sauf si des amis ou de la famille t’en ont parlé après l’avoir vécu, ton avis ne peut qu’être biaisé, influencé par ce que les journalistes ont dit à la RTBF ou les non-baptisés par les «horreurs» qu’ils auraient entendues... Et je ne t’en veux pas. Je suis ici, dans ma grande mansuétude, en train d’écrire cet article pour tenter de lever un peu le sombre voile.

Tout d’abord, ne crois pas l’adage qui dit que le baptême n’est que beuverie sans fin et synonyme d’approfondissement de ta première l’année suivante. Nombre de baptisés réussissent brillamment leurs études, tout comme les non-baptisés travailleurs peuvent échouer. Les festivités ne durent que jusque fin octobre, et n'empêchent nullement d’assister aux cours ou de travailler chez soi le weekend. L’important est de se connaître et de savoir poser ses limites, mais ce conseil vaut plus pour la vie en général que pour le baptême.

Les activités de baptême durent entre quatre et cinq heures deux fois par semaine pendant six semaines, et en soirée, pour éviter tout conflit horaire durant la journée (sauf l'activité grandiose du pique-nique contre le Cercle Polytechnique qui vous prendra une après-midi mais ô combien jubilatoire, elle vaut bien la penne de rater un cours d’anat’).

Le baptême, c’est également plein de bons et de moins bons moments, à découvrir en compagnie des autres bleus qui deviendront pour la plupart, d’excellents amis par la suite. C’est aussi l’occasion de s’ouvrir un peu à sa faculté et de s’intéresser à une partie non négligeable de la vie étudiante de ton campus, je parle bien entendu d’Erasme petite dinde gracile (même si des cours ont lieu cette année sur le campus du Solbosch, notre maison reste Erasme pour les sept années à venir au mieux, et la vie n’y est pas très attrayante donc n’hésite pas à te bouger pour égayer ce campus, si souvent morose). Apprendre les chants facultaires (le tien, ce serait déjà pas mal), rencontrer les aînés, FREQUENTER TON CERCLE, faire le plein de souvenirs, sont encore d’autres raisons pouvant te pousser à tenter l’expérience (bien que ces derniers apports n’aient nullement besoin du baptême pour être réalisés).

Je terminerai en soulignant le fait que la meilleure façon de se faire une idée, c’est d’oser l’aventure, qui peut s’arrêter à tout moment si la motivation venait à manquer (le fait de commencer son baptême n’oblige personne à le continuer jusqu’au bout).

Essayez, faites-vous votre propre idée, votre propre expérience. J’ajouterai encore que je ne connais aucun baptisé qui regrette le baptême, mais seulement des gens très contents d’avoir été jusqu’au bout (et ce n’est pas peu dire, je suis un peu une star facultaire en somme).

Pour de plus amples informations sur la question, n’hésitez pas à lire attentivement l’article de mes délégays Folklore (l’ami des lamas et notre amie Lewinsky), ou à venir au cercle (sur le temps de midi, c’est le meilleur moment) et chercher les comitards ou un délégué de cercle pour poser toutes les questions non éclairées par cet article, ô combien utile et bien écrit.

Nous vous attendons très nombreux à la première activité de baptême. Je vous souhaite encore Que Votre Gigantesque appétit de nouvelles connaissances jamais ne faiblisse.

--Saga, président de baptême 2011, classe le mec.

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Organe Mars 2012